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Intégration des vélos et du transport en commun : Le transport multimodal fait son chemin

(Version orginale publiée dans le magazine Forum canadien sur le transport collectif, édition de juin 2016) par Yvonne Bambrick

Urban Cycling Survival Guide Cover – Yvonne Banbrick

Le lien mutuellement bénéfique existant entre les vélos et le transport en commun s’est renforcé au Canada dans les deux dernières décennies. Comme en témoignent l’installation des supports à vélos sur les autobus, l’ajout d’arrêts pour les réparations de vélo dans les stations de métro, l’autorisation de transporter des vélos à bord des véhicules de transport en commun à certaines heures, l’installation d’aires de stationnement pour vélos de qualité et l’ouverture de postes de vélo sécurisées, l’utilisation du vélo et le transport en commun sont plus intégrés que jamais. Mais il reste du travail à accomplir.

La popularité du vélo comme mode de transport actif augmente depuis les années 1990 en Amérique du Nord. Au cours des cinq à dix dernières années, la popularité s’est même intensifiée. Davantage de personnes commencent à parcourir de longues distances en adoptant une approche multimodale qui combine les déplacements en vélos et diverses formes de transport en commun.

Les déplacements en vélo à partir ou à destination de la gare la plus proche permettent aux navetteurs d’éviter les tracas de la circulation routière, les coûts de l’essence et du stationnement, les courts déplacements qui sont assez longs pour représenter un fardeau à pied et les déplacements qui peuvent être mal desservis par le transport en commun.

Les populations urbaines augmentent rapidement et nos réseaux de transport public, sans cesse « victimes » d’un processus décisionnel politique à court terme obscurci par la lentille du modéisme, sont réellement sous-financés, sous­développés et donc, de plus en plus inaptes à répondre à la demande. Les réseaux ferroviaires urbains sont plus ou moins fixes et peuvent tout juste accueillir le nombre actuel de véhicules motorisés, sans parler de ceux qui devraient arriver, avec une population plus importante, sans conducteur ou autrement.

La seule façon de renforcer la capacité des réseaux routiers actuels est de trouver des moyens plus efficaces d’utiliser l’espace. Bien que ces infrastructures soient encore limitées dans leur application, en comparaison à d’autres infrastructures, la majorité des grandes villes canadiennes offrent une certaine combinaison de voies cyclables peintes types, de circuits à vélos signalisés, de pistes cyclables hors rue, de voies partagées marquées et de voies cyclables à deux directions. En outre, une infrastructure nouvelle et de grande qualité a commencé à être exploitée; elle comprend des voies cyclables à directions opposées, des voies cyclables physiquement séparées et des systèmes de partage de vélos. Malheureusement, ces installations pour vélos sur rue ne sont pas encore reliées de façon homogène aux stations de transport public dans des maillages réseautés qui permettraient aux deux concepts d’être efficaces.

Cependant, nous constatons un certain progrès dans ce domaine :

  • L’agence Metrolinx de l’Ontario a récemment annoncé des plans visant à doubler le système de partage de vélos sur demande accessible toute l’année grâce à une contribution de 4,9 millions de dollars, afin d’offrir davantage de vélos dans les stations de GO Transit d’ici la fin de 2016.
  • Dans le budget fédéral du mois de mars, l’annonce d’un montant de 3,4 milliards de dollars pour le transport public, en fonds de relance à court terme, offre une possibilité d’inclure les passagers qui arrivent en vélo ou embarquent un vélo parmi les éléments à examiner quant à la façon dont les stations sont réparées ou remises en état. Il convient de reconnaître qu’un bon nombre des aménagements et des remises en état actuellement effectués pour les passagers utilisant des appareils d’aide à la mobilité bénéficieront également aux personnes qui arrivent en vélo.

Voici des améliorations additionnelles à envisager au fur et à mesure que les possibilités de financement du transport en commun se multiplieront.

  • Rampes pour vélo sur le côté des escaliers des principaux points d’accès
  • Signalisation d’orientation fondée sur des symboles associés aux vélos hors des stations de transport en commun et à l’intérieur de celles-ci
  • Installations de stationnement pour vélos couvertes et sécurisées à proximité de la station, avec accès à des outils de base et des pompes à air pour les vélos
  • Heures prolongées au cours desquelles les vélos peuvent monter dans les véhicules de transport en commun, une fois que les niveaux de service auront augmenté
  • Compartiments de marchandises pouvant accueillir des vélos plus régulièrement, pour le tourisme et le transport interurbain

Bien que cela ne soit peut-être pas un élément explicite de leur mandat, les exploitants de services de transport en commun de partout au pays peuvent renforcer davantage leurs mesures de défense des droits en collaborant avec les municipalités afin d’assurer l’ajout d’installations de vélos sur les rues menant vers les stations et partant de ces dernières. En outre, il serait avisé, dans la mesure du possible, de concevoir des projets de transport en surface en adoptant une approche de rues complètes, afin de tenir compte des priorités liées au transporter actif et d’intégrer ces dernières.

Les agences de transport en commun et les exploitants de services de transport en commun continueront de jouer un rôle important, aux côtés du personnel municipal responsable du transport et de la planification, pour réduire l’utilisation des véhicules motorisés à occupant unique qui fonctionnent au ralenti et qui engorgent nos villes, et pour faire adopter aux gens des formes de transport plus durables, plaisantes et actives.

Pour plus de détails, veuillez consulter le magazine Forum canadien sur le transport collectif, édition de juin 2016.

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Yvonne Bambrick est l’auteure de The Urban Cycling Survival Guide: Need to Know Skills & Strategies for Biking in the City (hyperlien –  http://www.ecwpress.com/urbancycling) (ECW Press, 2015). Yvonne est également directrice exécutive de Forest Hill Village Business Improvement Area, photographe d’événements et conseillère pour l’utilisation du vélo en région urbaine (hyperlien – http://yvonnebambrick.com).

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