Blogue

L’avenir de la mobilité : la technologie en position de pointe

Samuel Lafontaine

La population urbaine du Canada va continuer de croitre dans les prochaines années et il faudra empêcher que chaque nouvelle personne ne se traduise par une voiture additionnelle sur nos routes. Construire davantage de routes ne fera que repousser le problème à plus tard.

Les réseaux de transport en commun canadiens devront s’adapter aux nouvelles attentes des usagers concernant les nouvelles technologies telles que les véhicules autonomes (VA) et les déplacements à la demande. Ces technologies changeront profondément la façon dont les navetteurs planifient leurs déplacements.[a]

Véhicules autonomes et mobilité partagée

N’est-ce pas frustrant d’être pris dans le trafic et de voir tous ces sièges vides dans les voitures avoisinantes?  L’auto-solo est l’une des principales causes de la congestion routière. Le risque qui nous guette avec l’arrivée des VA, est l’augmentation des embouteillages avec l’ajout de véhicules vides sur nos routes. Les VA augmenteront les embouteillages, par exemple, s'ils retournent à leur point de départ après avoir déposé leur passager pour éviter les frais de stationnement.

Ce problème ne pourra pas se régler sans que plusieurs passagers partagent le même VA et qu’ainsi nous utilisions l’espace routier plus efficacement.

Déplacements sur demande 

Les applications mobiles ont complètement bouleversé la façon dont les gens conçoivent la mobilité. Il est désormais possible de se déplacer sans difficulté en seulement quelques clics sur son téléphone intelligent. Mais si nous ne faisons pas attention, cette avancée technologique continuera d’encourager les déplacements individuels plutôt que la mobilité partagée.[b]

Les applications de covoiturage comme Netlift sont intéressantes car elles ne créer pas de déplacements additionnels. Cependant, le transport collectif demeure le meilleur moyen de transporter beaucoup de gens. Un autobus peut transporter 15 fois plus de passagers qu’une voiture.[c] Dans le cas d’un tramway, le débit est équivalent à une autoroute à trois voies, soit 7500 voyageurs par heure.[d]

Selon une étude réalisée par l’Université de Toronto pour l’ACTU[e], une forte concentration de maisons unifamiliales dans un quartier conduit à un faible achalandage du transport en commun. L'avènement de la mobilité sur demande est l'occasion d'améliorer l’offre de services en transport collectif dans les zones à faible densité. Dans ces collectivités, des navettes (autonomes ou non) pourraient transporter les résidents à l’arrêt de bus le plus près.

Mobilité urbaine intégrée

Dans des villes conçues pour l’automobile, les obstacles à la mobilité sont nombreux.  Cependant, les municipalités peuvent agir en posant des gestes requérant peu de changements à l’environnement urbain.

L’ACTU décrit la mobilité urbaine intégrée (MUI) comme étant la « capacité des gens de se déplacer facilement d’un lieu à un autre, en fonction de leurs propres besoins ».[f]   

Effectuer un déplacement complet, du point de départ au point d’arrivée, nécessite la coordination de différents modes de transport comme la marche, le vélo, le transport collectif ou la voiture. La MUI a donc pour intention de réduire les frictions entre les différents modes et les différents partenaires au profit des usagers. L’objectif est de faire du transport actif et de la mobilité partagée de véritables alternatives à l’auto-solo.

Mobilité en tant que service 

Posséder une voiture a longtemps été synonyme de liberté. Or, ce n’est plus nécessairement le cas. La technologie permet désormais de se déplacer à sa guise en combinant différents modes de transport.

Il existe plusieurs définitions de la mobilité en tant que service (MaaS), mais l’idée demeure la même. MaaS est une forme de gestion de la mobilité qui vise à améliorer l’expérience de l’usager en réduisant la friction entre les différents modes de transport et en facilitant les déplacements.[g]

Les comportements et les attentes des usagers ont évolués depuis l’apparition des applications mobiles, ce qui rend possible et nécessaire l’adoption à grande échelle du concept de mobilité en tant que service.

Au-delà de l’auto-solo  

L’industrie du transport collectif reconnait le besoin de faire partie d’un écosystème où le transport en commun joue un rôle crucial, sans être l’unique solution. Que ce soient les horaires, la durée du trajet ou encore le manque de confort, les gens ont toujours une raison pour ne pas délaisser leur voiture personnelle au profit du transport public.

L’évolution de la technologie offre une opportunité unique aux réseaux de transport d’adapter leurs services à la réalité des Canadiens. La mobilité sur demande permet d’aller au-delà des horaires et des trajets fixes et de solutionner le problème du dernier kilomètre, alors que MaaS permettrait de réduire les frictions entre les différents modes de transport au profit de l’usager.

 

L’AVENIR DE LA MOBILITÉ LA TECHNOLOGIE EN POSITION DE POINTE 

 


Bibliographie

[a] Bouton, S., et al. Urban mobility at a tipping point. McKinsey & Company. Septembre 2015. SOME NAMES ARE MISSING FROM THIS REFERENCE – does not match the English

[b] Gehrke, S., Felix, A. et Reardon, T. Fare choices: A Survey of Ride-Hailing Passengers in Metro Boston. Metropolitan Area Planning Council. Février 2018.  

[c] Morency, C. Défis et opportunités pour les systèmes de transport collectif. Présentation PowerPoint. Octobre 2018.

[d] Stambouli, J. Les territoires du tramway moderne : de la ligne à la ville durable. Développement et territoires. 2005.  

[e] Comment faire augmenter l'achalandage dans le transport collectif au Canada. Association canadienne du transport urbain. Novembre 2018.

[f] Boîte à outils de mise en œuvre sur la mobilité intégrée. Association canadienne du transport urbain. Septembre 2017.

[g] Goodall, W., et al. The rise of mobility as a service: Reshaping how urbanites get around. Deloitte review. 2017.

 

Ajouter un commentaire