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Le recensement de 2016 montre une transition vers la mobilité durable

Jeff Mackey, CUTA

Le recensement canadien a lieu une seule fois tous les cinq ans, mais son influence sur les politiques est permanente. Des questions macroéconomiques aux décisions locales en matière de zonage, les renseignements socio-économiques sur les Canadiens contenus dans le recensement servent à améliorer la vie des Canadiens en fournissant des statistiques permettant de fonder les politiques.

Le transport en commun n’échappe pas à cette règle. Le 29 novembre 2017, la dernière section des résultats du recensement de 2016 a été rendue publique aux Canadiens. Cette publication comprenait le chapitre sur le « déplacement domicile-travail », qui est extrêmement utile lorsqu’il s’agit de comprendre les déplacements des Canadiens. Le principal point à retenir de ce recensement est un changement manifeste chez les Canadiens vers des options de mobilité durable, comme le transport en commun, la marche et le vélo.

Des 15,9 millions de Canadiens qui font le trajet chaque jour pour se rendre au travail, 12 % ont utilisé le transport en commun, 7 % ont marché ou utilisé un vélo et 6 % était passager dans une voiture (covoiturage). En particulier, 74 % des Canadiens ont conduit un véhicule pour se rendre travail et en revenir, de sorte que les véhicules à occupation personnels demeurent la forme de navettage la plus courante.

Il reste encore beaucoup à faire pour que les défenseurs de la mobilité durable se réjouissent. Bien que la part modale du transport en commun ait augmenté de 2,4 % au cours des 20 dernières années, on a noté une augmentation de 59.5 % des usagers du transport en commun (1,233,870 usagers dans le recensement de 1996; 1,968,215 usagers dans le recensement de 2016). Pendant cette période, nous avons également enregistré une augmentation de la part modale du cyclisme qui est passée de 1,2 %, soit 137 435 cyclistes, en 1996 à 1,6 %, soit 222 130 cyclistes, en 2016--une augmentation de 61 % des usagers.

Cela est dû en grande partie à l’urbanisation de la population canadienne.

« En 1996, 8,6 millions ou 70,5 % des Canadiens occupés qui se déplaçaient à leur lieu de travail vivaient dans une région métropolitaine de recensement. En 2016, cette proportion est passée à 73,5 % (11,7 millions) », indique le Rapport sur les faits saillants de Statistique Canada.

Bien entendu, le recensement nous en apprend plus que seulement sur la part modale. Le recensement de 2016 a également permis de constater que la durée moyenne du trajet de la population active occupée ayant un lieu de travail habituel ou sans adresse de travail fixe a augmenté de 3,6 %, passant de 25,4 minutes en 2011 à 26,2 minutes en 2016. Au cours de la dernière année, on a également observé que les trajets entre 9 h et midi ont augmenté de 9,2 %, tandis que les trajets entre midi et 5 h ont augmenté de 11 %. Nous avons également noté une augmentation de 10,3 % du nombre de personnes travaillant à domicile.

Bien que ces renseignements soient incroyablement utiles pour les réseaux de transport en commun (ils peuvent être répartis au niveau municipal pour connaître les points de vue à l’échelle locale), il y a des lacunes dans la collecte des données qu’il faudrait combler. En premier lieu, le sondage sur le déplacement domicile-travail porte uniquement sur les trajets pour se rendre au travail et en revenir, et non sur le mode de transport utilisé pour une grande variété d’autres déplacements, comme pour aller à l’épicerie, à des rendez-vous ou à des rencontres sociales.

Deuxièmement, ce sondage ne permet pas d’énumérer les trajets intermodaux. Par exemple, si une personne conduit jusqu’à un stationnement incitatif, prend le train jusqu’au centre-ville, puis marche 15 minutes pour se rendre à son bureau, que doit-elle répondre lorsqu’on lui demande comment elle se rend au travail? Le déplacement saisonnier constitue un autre problème pour les personnes qui peuvent se déplacer en utilisant le transport actif pendant des mois plus chauds, mais qui utilisent un autre mode par temps froid ou pluvieux.

Les limites du sondage aplanissent les réponses à un point où nous ne comprenons pas vraiment la mobilité des Canadiens uniquement grâce à ce sondage. Néanmoins, le sondage sur le déplacement domicile-travail est un outil important pour aider les réseaux de transport en commun à mieux comprendre leurs usagers et à les aider à prendre des décisions fondées sur des données probantes au sein de leurs collectivités.

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