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Transformer le transport collectif – S’attaquer au monde changeant du transport collectif: partie 1

Edmonton Transit Service

Étape 1 : Revenir à l’essentiel

« Parfois, il faut prendre du recul pour faire des pas en avant, affirme Eddie Robar, directeur de succursale à Edmonton Transit Service (ETS), lorsqu’il explique pourquoi il a consacré les dernières années à « réinitialiser » le réseau de transport d’Edmonton. Depuis que M. Robar et sa famille ont quitté la Nouvelle-Écosse pour traverser le pays, il y a trois ans, M. Robar et son équipe ont apporté plusieurs changements.

Outre le fait qu’Edmonton souhaite transformer un réseau de transport désuet, ETS doit composer avec un achalandage stagnant, une croissance rapide de la ville, des progrès technologiques, la concurrence du marché du co-voiturage et des difficultés liées à l’expansion (à la fois pour les projets en cours, comme la ligne Metro, que pour les projets futurs, comme l’intégration des autobus électriques).

En ce qui concerne le nombre de personnes qui utilisent le transport collectif, Edmonton, tout comme de nombreuses autres villes du pays, a observé la chute de l’achalandage au cours des dernières années. Initialement, la tendance à la baisse était facilement (et par tradition) corrélée au ralentissement économique. Cependant, Edmonton avait exercé une pression supplémentaire sur l’achalandage en augmentant les tarifs. Mais à mesure que l’économie se stabilise, d’autres facteurs déterminants sont devenus parfaitement clairs - les gens s’attendent simplement à plus.

La génération d’aujourd’hui se voit offrir différents incitatifs pour prendre le transport collectif. Auparavant, les gens prenaient le transport collectif parce qu’il était plus abordable ou meilleur pour l’environnement. Bien que ces valeurs soient encore chéries par certains usagers, le transport collectif d’aujourd’hui doit faire beaucoup mieux pour attirer une nouvelle génération d’usagers. L’usager d’aujourd’hui a des choix quant à la disponibilité et à l’abordabilité des services de covoiturage, et il s’attend à avoir accès à davantage de commodités, comme le wifi ou les services intégrés, comme les cafés et les magasins présents dans une station.

Les moyens à prendre pour répondre à ces attentes ne sont pas économiques. De plus, le changement nécessite du temps. Qui plus est, de nombreuses propriétés canadiennes du transport collectif sont aux prises avec des parcs de véhicules et une infrastructure désuets, et avec une myriade d’autres problèmes locaux. Alors, comment une ville peut-elle redonner vie à son réseau? En commençant par l’essentiel.

Dans le cas d’Edmonton, cela signifiait qu’il fallait revenir à la planche à dessin pour examiner les éléments fondamentaux, comme la conception des circuits d’autobus. Il y a presque 25 ans qu’Edmonton a remanié son service de transport collectif. À l’époque, la population d’Edmonton était tout juste inférieure à 625 000 habitants et un nouveau modèle « d’impulsion » représentait le bon choix. En fonction de lieux clés, comme un centre de transport collectif ou un lieu d’intérêt, des circuits pouvaient être établis pour que les véhicules arrivent à proximité, afin d’optimiser les correspondances.

Edmonton a explosé depuis les années 1990 – tant sur le plan démographique que géographique. La ville compte aujourd’hui près d’un million d’habitants, a récemment annexé près de 9 000 hectares de terrain (soit environ 16 000 terrains de football) et est plus près que jamais des collectivités avoisinantes, ce qui fait augmenter la population à plus de 1,3 million de personnes. L’augmentation du nombre des habitants donne lieu à un développement municipal additionnel, à de la construction et de la congestion routières, et à des trajets quotidiens plus longs. Cela signifiait que l’ancien réseau d’« impulsion » avait connu de meilleurs jours et ne répondait plus aux besoins des résidents en raison des temps de déplacement plus longs dans une ville plus achalandée. Le réseau avait de plus en plus de difficulté à respecter les horaires ou à offrir un service attrayant aux nouveaux quartiers. Il était temps d’appuyer sur le bouton de réinitialisation.

À la fin de l’été 2020, Edmonton lancera une conception de structure « en étoile » dans son réseau de transport, en mettant l’accent sur le service à haute fréquence le long des principaux corridors. La ville rendra le transport collectif encore plus attrayant en misant sur les raisons traditionnelles pour lesquelles les gens utilisaient le transport collectif (abordable, rapide et fiable) tout en intégrant de nouvelles possibilités, comme des options de transport collectif de rechange et des avis de service en temps réel.

« Imaginez que vous éliminez la frustration d’être derrière le volant et que vous bénéficiez d’un temps précieux pour lire quelque chose d’intéressant, faire un peu plus de travail, étudier ou rencontrer des amis. C’est le genre d’expérience, le genre de choix de mode de vie qu’Edmonton « vendra » à ses citoyens et à ses clients, afin de ramener les gens dans les autobus et les trains », affirme M. Robar.

Le nouveau réseau d’autobus n’est pas la seule réinitialisation majeure pour Edmonton. Le mois prochain, cette série explore la façon de réparer ce qui est brisé, au fur et à mesure qu’Edmonton continue de surmonter les obstacles du transport collectif.

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