Blogue

Transformer le transport collectif – S’attaquer au monde changeant du transport collectif: partie 2

Edmonton Transit Service

Étape 2 : Réparer ce qui est brisé

On dit souvent : « Si une chose n’est pas brisée, rien ne sert de la réparer ». Mais si la chose est brisée? C’est­ à­ dire... vraiment brisée? La réponse évidente pourrait être qu’il faut se retrousser les manches, examiner le truc et le réparer. Mais voici un secret : Dans le cas du transport collectif, il n’y a pas qu’un seul type de réparation. Pour diverses raisons, comme le budget dont on dispose, la superficie d’une ville et l’achalandage, ce qui pourrait être la bonne solution dans une ville pourrait ne pas convenir dans une autre. Le fait est que la ligne de démarcation est mince entre les solutions éprouvées et véridiques et les solutions novatrices (et potentiellement complexes).

L’article du mois dernier indiquait qu’Edmonton se trouve actuellement sur cette ligne dans le cadre du remaniement de son réseau d’autobus. La ville met en œuvre un modèle de réseau qui met l’accent sur les corridors à haute fréquence (présents dans les grandes municipalités du monde entier), mais Edmonton remanie le réseau à sa manière. Après deux années d’engagement public important, les Edmontoniens ont clairement indiqué qu’ils souhaitent une solution intégrée, qui consiste notamment à concentrer le service de transport collectif dans les corridors où la demande est forte. Edmonton est une ville en expansion où de nouvelles collectivités suburbaines sont créées chaque jour. À Edmonton, la plupart des usagers du transport collectif ont également accès à un véhicule privé, ce qui signifie que le transport collectif doit être un choix de transport concurrentiel. Mettre l’accent sur le service à haute fréquence signifie qu’il faut rendre de nouveau attrayant le service de transport collectif centenaire. 

Cependant, Edmonton n’a pas toujours été en mesure de trouver ce juste équilibre. Prenons l’exemple du TLR de la ligne Metro. La ville devait lancer le service au printemps 2014, mais a cumulé les revers. La ligne n’a servi ses premiers clients qu’en septembre 2015, malgré les restrictions de vitesse et d’exploitation, et a continué de se heurter à des problèmes et à des pannes de service imprévus en 2019. 

Toutefois, en 2018, la ville d’Edmonton, appuyée par le conseil municipal, a tracé une ligne ferme dans le sable. Elle a imposé un délai ferme à l’entrepreneur. Pour trouver une solution, la première clé du succès a été d’appeler un chat un chat. 

« Il n’est pas facile de se présenter devant le conseil et de demander aux membres de repenser les décisions antérieures, admet Eddie Robar, directeur de succursale à Edmonton Transit Service. Mais la ville a donné plusieurs occasions à l’entrepreneur de bien faire les choses, et cela ne se produisait tout simplement pas. Il était simplement temps de mettre cartes sur table, de chercher une autre solution et d’avancer. Je pense que le public - les gens qui payent pour obtenir ce service - a été soulagé de voir que nous le défendons. » Même si les chapitres du feuilleton de la ligne Metro se poursuivent, l’approche honnête et ouverte adoptée pour corriger les erreurs est une précieuse leçon pour regagner la confiance du public et du conseil à l’égard de l’investissement dans le transport collectif.

Mais la gestion des grandes difficultés ne s’arrête pas là pour ETS. Depuis qu’il est devenu président en janvier 2016, M. Robar a dirigé le remaniement du réseau d’autobus et la réparation de la ligne Metro problématique, pendant que le travail se poursuivait en coulisses. La première année de son affectation a été principalement consacrée à une importante réorganisation du transport collectif et de la ville d’Edmonton. « Nous devions instaurer une harmonie entre nous pour travailler mieux et être plus intégrés – non seulement au sein du service du transport collectif, mais aussi avec nos partenaires à l’échelle de l’entreprise, dit-il. La poussière peut prendre un certain temps avant de retomber, mais le travail continue de progresser. » 

Au fur et à mesure que la poussière est retombée, Robar a constaté des gains dans la culture de l’entreprise, à tel point que les employés ont maintenant la confiance nécessaire pour signaler les problèmes graves à la direction. L’hiver dernier, les médias ont rapporté qu’ETS avait découvert que des certificats de formation étaient délivrés de façon frauduleuse. Cela a donné lieu à une vérification complète; la découverte a été signalée à la province et de nombreux changements ont été apportés aux pratiques et aux politiques internes. 

« Au fur et à mesure que nous retrancherons des couches de l’organisation, nous ferons preuve d’ouverture et d’honnêteté si nous découvrons des problèmes, et nous résoudrons ces problèmes. Peu importe que ce soit un problème évident, comme celui de la ligne Metro, ou quelque chose qui était caché derrière les rideaux. Nos employés constituent notre plus grand atout. Les contribuables sont nos clients les plus précieux. Et nous leur devons de bien faire les choses », affirme M. Robar. 

En mettant de l’ordre dans l’arrière de la maison tout en « réparant » la fonction publique, ETS est convaincu que tous les morceaux du casse-tête commenceront à s’assembler. « En réparant nos fondations, nous pouvons envisager l’avenir. »

Le mois prochain, nous présenterons le dernier article de Transformer le transport collectif et examinerons les nouvelles technologies et les attentes actuelles des clients pour rétablir l’achalandage.

Ajouter un commentaire