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Assurer l’avenir du transport collectif : Une séance de questions-réponses avec le PDG de TransLink, Kevin Quinn, sur le financement, le service et la durabilité


Published novembre 4, 2024.

Ce mois-ci, nous vous proposons une conversation approfondie avec Kevin Quinn, PDG de TransLink, qui aborde des enjeux urgents touchant les systèmes de transport collectif au Canada. Alors que les services de transport atteignent des seuils critiques en termes de financement et de service, Kevin nous donne un aperçu de ce que ces défis signifient pour les usagers, les populations à faible revenu et l’avenir du transport durable au pays. Nous explorons l’impact des coupures de services potentielles dans la région métropolitaine de Vancouver, la nécessité d’une collaboration entre les divers niveaux de gouvernement, et comment un modèle de financement réimaginé pourrait prévenir les compressions drastiques tout en soutenant les objectifs climatiques du Canada. En examinant le besoin pressant d’une stratégie nationale de transport collectif et le rôle du secteur privé dans le développement durable, cette séance de questions-réponses met en lumière les stratégies et les partenariats qui pourraient façonner l’avenir du transport collectif au Canada.

 

1. D’importantes coupures de services pourraient affecter particulièrement les groupes à faible revenu et les usagers du transport collectif. Que peut-on faire aux niveaux fédéral et provincial pour protéger ces groupes et garantir à tous l’accès à un transport collectif fréquent, fiable et abordable ?
L’avenir du transport collectif au Canada est à la croisée des chemins. Notre population croît à un rythme record, tout comme le besoin de services de transport. Malgré cela, les réseaux de transport à travers le pays peinent à suivre cette croissance démographique tout en continuant à offrir aux citoyens des options de transport respectueuses de l’environnement dans leurs communautés.

Dans la région métropolitaine de Vancouver, TransLink fait face à une crise financière en raison d’un modèle de financement inadéquat. TransLink prévoit un déficit annuel d’environ 600 millions $ à partir de 2026. Sans solution, nous pourrions être contraints de réduire nos services de près de 50 % pour combler ce manque, avec des répercussions dévastatrices dans la région.

TransLink a récemment annoncé des mesures d’efficacité organisationnelle et de revenus totalisant 90 millions $ afin de réduire ce déficit. Pour éviter les coupures de service potentielles, qui toucheraient particulièrement les usagers à faible revenu, nous demandons à tous les niveaux de gouvernement de collaborer pour réformer notre modèle de financement désuet et pour développer les services de transport grâce au plan « Accès pour tous », répondant ainsi aux besoins croissants de la région.

 

2. Comment les gouvernements fédéral et provinciaux peuvent-ils collaborer pour créer un modèle de financement durable et à long terme pour le transport collectif au Canada ? Quel rôle le secteur privé pourrait-il y jouer ?
Comme je le dis souvent : si vous voulez aller vite, allez seul ; si vous voulez aller loin, allez ensemble. Cette problématique complexe nécessite une solution collaborative impliquant tous les niveaux de gouvernement.

À l’instar de nombreuses agences de transport collectif dans le monde, nos coûts augmentent alors que nos revenus diminuent. Ce problème n’est pas unique à la région de Vancouver ; une collaboration entre tous les paliers de gouvernement est donc nécessaire pour garantir que les services de transport s’élargissent en fonction de l’augmentation de la population.

Le financement des opérations de TransLink dépend actuellement de trois sources principales : les tarifs, les taxes sur le carburant et les taxes foncières. Les hausses de tarifs sont plafonnées en dessous de l’inflation depuis plusieurs années, et les taxes sur le carburant représentent une source de revenus en déclin à mesure que davantage de personnes optent pour les véhicules électriques. En 2023 seulement, TransLink a perçu 34 millions $ de moins en taxes sur le carburant par rapport à 2022. Ce déficit croissant ne peut être comblé qu’en augmentant les revenus ou en réduisant les services. Le secteur privé est pour nous un élément important de l’équation de financement. TransLink collabore actuellement avec le secteur privé pour développer des terrains lui appartenant, dans le but de générer des revenus à long terme à partir de l’immobilier. Cependant, le développement immobilier peut nécessiter des années avant de générer des revenus réinvestissables dans les services de transport, et des solutions sont nécessaires aujourd’hui. Nous sommes toujours ouverts aux partenariats privés, mais ce qu’il nous faut avant tout est un nouveau modèle de financement.

 

3. Les coupures de services de transport pourraient prendre des années à se résorber, même si le financement s’améliore. Quelles stratégies nationales devraient être mises en place pour gérer ce risque et accélérer la reprise ?
Les réseaux de transport collectif au Canada font face à des défis similaires, ce qui nécessite une solution nationale pour un problème national, avec la participation de tous les niveaux de gouvernement.
Nous demandons, entre autres, l’accélération du Fonds pour le transport collectif du Canada. Le gouvernement canadien a promis un financement annuel garanti pour les agences de transport collectif à travers le pays, mais ces fonds ne seront disponibles qu’en 2026. En accélérant le Fonds pour le transport collectif du Canada, nous pourrions atténuer les problèmes de financement auxquels sont confrontées les agences de transport à l’échelle nationale.

Les zones métropolitaines de Vancouver et d’autres villes canadiennes connaissent une croissance démographique sans précédent, ce qui nous oblige à étendre nos services de transport. Le transport collectif est essentiel à la vie quotidienne dans les villes du pays, et nous devons nous unir pour garantir des services adaptés aux besoins actuels et futurs de la population.

 

4. Quelles priorités les réseaux de transport collectif au Canada devraient-ils adopter pour soutenir la croissance de la population et de l’économie ? Comment le financement et les services de transport collectif peuvent-ils évoluer pour répondre aux objectifs de durabilité et climatiques ?
La population de la région métropolitaine de Vancouver augmente à un rythme sans précédent. En 2023, la population de cette région a crû de 120 000 personnes, soit plus du double des prévisions de croissance pour l’année. À mesure que la population augmente, la demande pour les services de transport collectif croît elle aussi.

Malheureusement, le modèle de financement actuel ne nous permet pas d’étendre les services de manière fiable pour répondre à cette croissance démographique. Si nous voulons encourager l’utilisation du transport collectif par rapport aux véhicules personnels, nous devons trouver une solution de financement qui permette une croissance continue des services de transport. Les services actuels sont déjà saturés, et sans expansion – il n’y aura tout simplement pas assez de place à bord pour répondre aux besoins d’une population en expansion.

Je demeure optimiste quant à la possibilité de collaborer avec nos partenaires gouvernementaux pour trouver une solution, et je me réjouis à l’idée de lutter ensemble contre le changement climatique, d’élargir les options de transport collectif et d’améliorer la qualité de vie dans les zones urbaines partout au Canada.